Trad. Version ANG>FR

Bonjour à vous amis Poleeglots !
Aujourd’hui, je vous propose de lire la traduction que j’ai faite d’un article du New York Times intitulé Chinese tighten belts: No avocados, cocktails or kids, paru le weekend du 25-26 Août. Je pense que vous avez tous suivi le début de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine depuis le début de l’été. C’est une situation qui inquiète le monde entier et tout le monde veut en savoir plus, notamment sur la situation actuelle de la Chine. Je me concentre sur ces articles qui paraissent pratiquement tous les jours et j’essaye de m’entraîner à les traduire car les tests d’admissions dans les Ecoles de Traduction portent souvent sur des sujets de l’année en cours. Ensuite, cela me permet de travailler mon français qui est ma langue maternelle donc la plus importante dans mes combinaisons de langues puisque je travaillerai surtout vers celle-ci quand je serai Interprète de Conférence.
Vous pouvez accéder au texte original en cliquant sur le lien qui suit cette introduction. Je vous conseille de lire ma traduction avant de vous rapporter au texte source qui est en anglais, pour pouvoir juger la traduction et surtout la qualité du français en vous basant sur votre compréhension des idées du texte.

Accédez au Texte original en Anglais

Les chinois se serrent la ceinture et disent stop aux avocats, aux cocktails et aux enfants

Le Nouveau Monde Moderne

PAR LI YUAN

Chen Siqi ne dîne plus dehors. Li Keli a arrêté les voyages et à la place emmène son fils sur une aire de jeux publics. Wang Jiazhi a arrêté les rendez-vous amoureux.

La chine accueille le concept de réduction du niveau de consommation, un développement inquiétant pour Pékin et le reste du monde. En Chine, pendant des années, le discours tournait autour de l’augmentation du niveau de consommation. Etant donné que l’économie était en plein essor, la classe-moyenne chinoise forte et croissante de plus de 400 millions d’actifs, décidait de dépenser ces gros gains. Ils ont échangé leurs marques locales contre des Nike, leurs téléphones chinois contre des iPhones et sont passés du thé au latte à 5 dollars du Starbucks. A présent, la Chine voit son économie ralentir et il y va de même pour le shopping. Le marché boursier s’effondre, la monnaie chinoise perd de sa valeur; la guerre commerciale avec le président Trump laisse un goût amer au sein de la population.

La consommation n’a en aucun cas baissé en Chine mais sur internet, les chinois parlent de réduire les dépenses petit à petit. On laisse tomber les avocats, on prend le vélo au lieu du taxi, on préfère les bières aux cocktails en s’assurant qu’elles ne sont pas artisanales, on commande du thé au lait en taille moyenne et on oublie la grande taille, on abandonne son abonnement en salle de sport pour des cours de danse dans les espaces publiques comme les femmes âgées. Certains plaisantent en disant qu’il vaut mieux manger de la viande plutôt que du Tofu étant donné que les taxes sur l’importation du soja ont augmenté. Le plus inquiétant pour les dirigeants chinois est surtout que beaucoup de jeunes sont de plus en plus réticents à l’idée d’avoir des enfants.

Un post intitulé La jeune génération chinoise se prépare à affronter des jours difficiles, par Ming Na, blogueuse, a reçu plus de 300.000 vus sur la plateforme de médias sociaux WeChat en l’espace d’un weekend plus tôt ce mois-ci. Elle conseille aux jeunes de ne plus acheter dans les centres commerciaux et de ne plus fréquenter les clubs. <<Le moment de revoir notre consommation à la baisse est arrivé avec un grand coup de massue>>, écrit Mlle Na.

Chen Siqi a bien reçu le message. Comptable de 30 ans vivant à Pékin, elle vient de s’acheter un vide-ordures sur Pinduoduo, une application chinoise spécialisée dans la vente de produits bon marché, parfois de mauvaise qualité et qui étaient au départ très prisés par les habitants des zones rurales. Son salaire mensuel s’élève à environ 1400 dollars après déduction des taxes, pratiquement la moitié de celui-ci est engloutit par le loyer de son deux pièces. Mlle Chen dit avoir atteint un âge où elle aimerait vivre dans son propre appartement au lieu de vivre en colocation. Dans le but de faire des économies, elle cuisine quelques fois à la maison durant la semaine et achète ses vêtements sur des sites de vendeurs bon marché ou chez Uniqlo, la marque japonaise low-cost. <<J’aimerais avoir un style de vie plus décent mais je ne sais pas comment je pourrais me le permettre>>, affirme-t-elle.

Une baisse du niveau de consommation en Chine peut se ressentir à travers le monde. Les consommateurs chinois ont joué un rôle clé dans le développement économique de leur pays ces dernières années. La Chine à son tour a joué un rôle majeur dans la croissance mondiale. Les consommateurs chinois contribuent à la croissance des entreprises internationales telles qu’Apple, General Motors, Volkswagen et bien d’autres. Si Mr Trump a déjà la certitude que Pékin ne peut pas se permettre plus de dommages économiques, une baisse de la consommation pourrait l’encourager à renforcer cette bataille commerciale avec la Chine.

L’économie chinoise semble forte en théorie mais en pratique, elle présente plusieurs anomalies. Le rythme de la croissance des ventes au détail de cette année est le plus lent depuis plus de dix ans, de même pour l’évolution des salaires dans le secteur privé depuis la crise financière internationale. Le marché boursier a perdu un cinquième de sa valeur.

JD.com, une entreprise chinoise spécialisée dans le e-commerce et qui propose des produits de qualité à la classe moyenne chinoise, affichait des résultats semestriels décevants. Des facteurs à long terme, comme l’augmentation du prix de l’éducation, entraînent une baisse des dépenses chez les jeunes en particulier. Il est devenu très compliqué pour beaucoup d’entre eux de se loger dans les villes riches telles que Pékin. Le prix des loyers est tellement élevé que Mr Wang Jiazhi, 34 ans et ingénieur en semi-conducteurs a dû quitter son deux pièces acheté en 2016 dans le sud de la ville de Shenzhen. En effet, pour pouvoir rembourser son prêt immobilier qui lui coûte plus de 700 dollars par mois et un proche qui lui avait prêté la somme nécessaire pour l’acompte de l’achat de son appartement, il a mis celui-ci en location et partage un cinq pièces avec neuf autres hommes; ce qui lui permet d’économiser 160 dollars tous les mois, sur un salaire d’environ 2000 dollars après paiement des charges. De même que beaucoup de chinois, Mr Wang pense qu’il est préférable d’avoir un appartement afin de trouver une compagne. Mais à cause du stress lié à ses dettes et au soutien financier qu’il apporte à sa famille vivant à la campagne, il a décidé de remettre ses projets de mariage à plus tard. De toute façon ses chances n’étaient pas très grandes alors pour faire des économies, il a mis fin aux rancards, <<Je fais des heures supp’>> dit-il, <<ça m’occupe>>.

En effet, la baisse de consommation bat son plein.

Malgré l’effondrement du marché boursier chinois, les actions des entreprises qui fabriquent des produits de base à des prix abordables comme Erguotou, spécialisé dans la fabrication de liqueur bon marché et de légumes marinés, ont réussi à inverser la tendance. <<Buvez de l’Erguotou et mangez des légumes marinés>> écrivait Mlle Na, blogueuse, en utilisant des mèmes Internet chinois populaires. <<Faites appel à Mobike>> a-t-elle ajouté, nommant une compagnie de vélos en libre-service qui propose des courses à deux roues pour quelques centimes.

Même les enfants uniques des familles de classe moyenne qui constituent un groupe largement à l’abris financièrement, ont des raisons de s’inquiéter pour leur avenir. Wu Xiaoqiong est âgée de 28 ans et vit à l’ouest de la province de Hefei. Elle travaille pour une grande compagnie Internet à Pékin et touche un salaire mensuel de 1500 dollars après prélèvement des charges. Quand elle s’est mariée l’an dernier, ses parents et ses beaux-parents ont chacun avancé la moitié de l’apport pour l’achat d’un deux pièces, un arrangement fréquent entre familles de classe moyenne. Environ deux tiers de leurs revenus mensuels est utilisé pour le remboursement du prêt immobilier et pour la location d’un petit appartement à Shanghai où son mari travail dans une banque publique. Son plan pour réduire ses dépenses est de rester sans enfants. <<Nous n’avons ni économies ni plan de retraite>>, affirme-t-elle, <<mes parents continuent de m’aider financièrement, comment pourrais-je élever un enfant?>>.

Certains s’opposent à l’idée d’avoir plus d’enfants, un problème pour les autorités chinoises qui s’inquiètent du vieillissement de la population.

<<Pensez-vous avoir d’autres enfants?>>, Li Keli, agent comptable chez un fabricant de matériels électroniques dans le sud de la ville de Huizhou répond <<Certainement pas>>. En juin dernier, son usine a licencié les deux tiers des salariés quand la guerre commerciale s’est intensifiée entre la Chine et les Etats-Unis. Son salaire mensuel de 500 dollars a subi une baisse de 10%. Elle voyageait souvent les weekends pour aller visiter les villes voisines avec son fils de 7 ans; désormais, ils se contentent des aires de jeux gratuites dans les quartiers résidentiels.

On ressent aussi de l’inquiétude parmi ceux qui gagnent plutôt bien leur vie. Chen Ying, une architecte de 33 ans vivant à Shanghai met une croix sur le shopping dans les grands magasins. Mlle Chen ajoute qu’elle ne s’attend pas à voir son salaire augmenter, car celui de ses jeunes collègues n’atteint pas celui qu’elle touchait quand elle est arrivée dans l’entreprise quatre ans plus tôt; et aujourd’hui, ses revenus sont moins élevés que ceux de ses anciens collègues qui, il y a quatre ans, avaient son niveau d’expérience actuel. Les augmentations de salaire avoisinaient les taux de 15-20% par an, ce qui n’est pas étonnant pour un secteur dont la croissance a explosé en Chine au cours de ces dix dernières années. A présent, Mlle Chen prévoit une augmentation de 5%, si toutefois il y en avait une. Elle aimerait prendre sa retraite mais ne saurait par où commencer. <<Avant, nous avions des perspectives d’avenir illimitées>>, conclue-t-elle, <<aujourd’hui, nous vivons au jour le jour>>.

Author: Assoh

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